Ian Ruhter – Passionné du Collodion humide

Il est des photographes dont on ne peut que parler et Ian Ruhter est un de ceux-là. Son travail est admirable et, vous allez le découvrir, sa technique est doublement complexe .. et méritoire.

 

Ian Ruhter/ Wet Plate Collodion 27”x36”/Jason Wilson / Los Angeles CA 6.3.2012
© Ian Ruhter/ Wet Plate Collodion 27”x36”/Jason Wilson / Los Angeles CA 6.3.2012

Collodion humide (Wet Plate Collodion)

Avant de parler de l’homme, parlons de la technique. (Source Wikipedia)

« Le collodion est un nitrate de cellulose dissous dans un mélange d’alcool et d’éther que l’on étend sur une plaque de verre.
Quand ce mélange sirupeux commence à se figer sur le verre, on plonge la plaque dans un bain de nitrate d’argent pour la sensibiliser, les sels contenus dans la pellicule sont ainsi transformés en halogénure d’argent sensible à la lumière. On égoutte alors la plaque, la transfère dans un châssis étanche à la lumière.

Ces opérations se font évidemment en chambre noire.

On peut alors faire une prise de vue avec la chambre photographique. La plaque doit ensuite être immédiatement développée en chambre noire avec de l’acide gallique ou du sulfate de fer II puis fixée au thiosulfate de sodium ou au cyanure de potassium. Cette opération se fait dans une pièce éclairée en lumière rouge clair, le collodion étant achromatique.

Le négatif doit être préparé, exposé, puis développé en un temps très court, car une fois sec il devient insensible et, si la prise de vue a déjà été faite, impossible à développer. Selon les conditions de température et d’humidité ambiantes, l’opération ne doit pas dépasser de 15 à 30 minutes au total. »

Cette technique ne date donc pas d’hier et n’est pas des plus facile à mettre en oeuvre. Nous sommes loin, vous en conviendrez, de la simplicité qu’offrent nos chers appareils photo numériques.

Cette complexité n’a pas arrêté Ian Ruhter, loin sans faut !

Ian Ruhter : Collodion humide et mode de prise de vue

Non seulement Ian Ruhter a décidé de s’attaquer à une technique d’un autre âge mais il a aussi décider de s’attaquer à un mode de prise de vue improbable.
Pour obtenir des clichés de grande taille, il lui fallait une chambre de grande taille (de très grande taille). Il a donc tout « simplement » décidé de transformer sa camionnette .. en chambre noire!
Je vous laisse découvrir cela dans cette video :

SILVER & LIGHT de Ian Ruhter / Alchemist

 

Les images produites par Ian Ruhter sont, de mon point de vue, absolument fantastiques. Chaque prise de vue est unique au monde et je ne doute pas que d’ici peu, les oeuvres de Ian Ruhter deviendront des pièces de collection qui vaudront une petite fortune.

Ian Ruhter/ Wet Plate Collodion 27”x36”/”City of Angels” / Los Angeles CA 6.2.2012
© Ian Ruhter/ Wet Plate Collodion 27”x36”/”City of Angels” / Los Angeles CA 6.2.2012

 

J’avais parlé de l’influence de la taille du capteur sur la profondeur de champ (l’étendue de la zone nette) dans 2 articles dont le plus abordable est celui-ci : Ouverture et Profondeur de Champ I .
Ian Ruhter travaille avec une chambre. La taille du « capteur » (de la plaque dans ce cas-ci) dépasse, et de loin, ce que nous connaissons habituellement. Un résultat tel que reproduit sur l’image ci-dessous est très difficile à obtenir avec un reflex conventionnel ..

Ian Ruhter/Wet Plate Collodion/ Bobby & Carolyn /Down Town Los Angeles, CA/ 5.15.10
© Ian Ruhter/Wet Plate Collodion/ Bobby & Carolyn /Down Town Los Angeles, CA/ 5.15.10

 

Voyez Ian Ruther appliquer sa technique dans cette video :

Retrouvez des informations sur Ian Ruhter ici :

Et VOUS?

Connaissiez-vous cette technique ?   Que pensez-vous de la difficulté que cela représente ?   Utilisez-vous une chambre photographique?    Travaillez-vous avec du moyen format ou des dos numériques ?

 

Eric Heymans

Eric Heymans

Bonjour et merci pour votre passage ici ! J’ai acheté mon premier reflex numérique en juin 2009 à 44 ans (il n’est jamais trop tard !). Ce qui ne devait être qu’un hobby s’est très vite transformé en … passion! Le retour que fait le public de mes images me conforte dans l’idée de partager mes expériences et de créer le blog que j’anime depuis juin 2012.

Faites entendre votre voix dans les commentaires ci-dessous !

3 réflexions sur “Ian Ruhter – Passionné du Collodion humide”

  1. Patrick LOUICHE

    Article très intéressant.
    Le procédé est montré de façon spectaculaire.
    Toutefois, le collodion humide a été utilisé quotidiennement en photogravure jusque dans les années 1960/1965 !
    A préciser, la prise de vue et le développement s’opèrent avec le collodion encore humide… sec, c’est inutilisable !
    Il ne faut pas chaumer !
    Là, il est utilisé par un photographe de talent qui a trouvé un excellent moyen de se démarquer.
    C’est vrai qu’un tel travail a une autre gueule qu’un clic sur un déclencheur de numérique !

  2. Article très interessant, le système garde tout son mystère, et n’est eéservé qu’a certains initiés. Ian Ruther fait partie de ceux là, et son appareil de prise de vue (son camion…) est à l’image du bonhomme et de ses oeuvres: GIGANTESQUE!
    et ce n’est pas demain la veille qu’on verra un capteur Foveon (ou autre) de cette taille là…

    1. Eric Heymans

      Bonjour photard26.
      Le bonhomme, sa technique et son savoir-faire ont en effet encore de beaux jours devant eux ..
      Merci pour ton passage.
      A bientôt
      Eric

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