Un grand rêve requiert de rester un grand rêveur

Des collègues blogueurs vous posent parfois cette question : « qu’est-ce qui vous bloque le plus en photographie ? » Beaucoup répondent  dans un sens technique, évoquent le manque de temps ou parlent de matériel inadéquat ou obsolete. Et tous ces blocages sont courants et légitimes.

Lorsque je parle avec vous, et qu’ensemble nous creusons un peu, c’est finalement autre chose qui en sort. Et cette chose est plus profonde, plus fondamentale et en relation directe avec votre capacité à créer ! Elle a une préséance sur tout ce qui vient après elle.

L’absence d’un grand rêve

…ou encore le fait de ne pas assez mettre l’emphase nécessaire à la réalisation d’un grand rêve !

Mais avec quoi viens-tu encore, Heymans ? En quoi suis-je concerné ?

L’absence ou le manque de rêve est en relation directe avec votre créativité, disais-je (ou son absence, sa rareté). Etre créatif implique, pour moi, de laisser un espace libre en soi dans lequel ce qui se présente ne sera pas refoulé !

Cela s’applique aussi à moi, et comme je travaille pour y remédier, je partage avec vous les moyens que j’utilise pour m’aider.

Mon cas

Je ne parlerai pas dans cet article des origines possibles qui font qu’aujourd’hui, dans notre société, peu de gens ont un grand rêve qu’ils réalisent. C’est un sujet que je couvrirai une autre fois, et dans un autre contexte que ce blog probablement.

Il est cependant un exemple qui me concerne directement et dans lequel, ajusté à votre vécu, vous pourriez vous reconnaître. Je ne saurais dire précisément quelle influence cette phrase et ces 3 secondes ont eu sur le déroulement de ma vie. Je peux cependant affirmer que pendant des années, je n’ai plus eu… la vision d’un grand rêve !

L’histoire

Comme Maman est croyante et chrétienne, elle avait décidé que mes études primaires (CE, CP et CM en France) devaient comporter des cours de religion chrétienne et qu’il était bon pour moi que je fasse, à 12 ans (même si je ne voulais pas), ma « grande communion » (aussi dénommée communion solennelle ou profession de foi).

Me voilà donc engagé dans ce « processus » qui prévoyait une retraite de trois jours. J’ai le souvenir très précis que peu de choses m’y avaient intéressé, sauf une : le chant !

Lors de cette retraite, on a beaucoup chanté. Des chants religieux, bien sûr, mais ce n’est pas le plus important.

Le plus important est qu’en trois jours et à douze ans, j’ai découvert que j’étais doué et j’ai découvert combien les autres (les enfants et les accompagnateurs) étaient sensibles à mon don. Lors de l’événement de clôture de cette retraite, j’ai accepté de chanter en solo, avec une voix de tête très prononcée (haut dans les aigus). Et je fus applaudi.

Ce fût une expérience unique, incroyablement énergisante et la source potentielle de l’émergence d’un grand rêve.

Rentré à la maison (vous pouvez imaginer la fierté qui m’habitait, j’en ai encore les poils qui se dressent en y repensant), il fallait que je raconte tout ça à mes parents, et surtout, que je leur fasse entendre.

J’ai donc chanté.

Mon père, qui avait une compréhension personnelle de la masculinité et de la psychologie, m’a dit :  chanter comme ça, c’est pour les tapettes !

Et ce fût la dernière fois que j’ai chanté…

1. De la douceur naît le vide.

Réaliser ses rêves

La douceur  climatique très étonnante (pour la Belgique) de cette mi-Octobre (23°C récemment) m’a fait passer un peu de temps au jardin, à juste la savourer, sans autre but que de me laisser emporter par cette agréable euphorie que provoque en moi le plaisir de sentir la chaleur du soleil couchant qui pénètre la peau de mon visage.

J’apprécie d’autant plus ce genre de situation que mes récents déplacements professionnels en Suède m’ont déjà donné un avant-goût à la limite cinglant du fait que l’hiver approche à grands pas.

Dans ce type d’ambiance très relaxante, dans ces instants hors de la course du quotidien et des obligations professionnelles, dans cette énergie très nourrissante, mon cerveau s’apaise, mes pensées s’espacent, le calme revient et le vide se fait.

2. Et du vide le rêve prend forme.

Le réve afflue © Eric Heymans

Et boum ! C’est là qu’il arrive (ou dans mon cas, je devrais dire : c’est là qu’il revient) dans cet espace laissé libre : mon rêve !

Je ne parle pas de celui que l’on peut faire pendant la nuit mais bien de celui qui se construit tout au long d’une vie et qui revient nous cueillir de temps et nous rappeler que nous sommes faits d’imagination, d’aspirations, d’envies et d’espoir.

Je l’appelle « mon rêve », mais j’en ai plusieurs.

Certains sont en relation directe avec la photographie, d’autres non, mais peu importe : tous, sans exception, me conduisent vers le même but !

Lorsqu’ils émergent dans ces moments de « vide », je me sens bien. Ils me redonnent l’envie de les voir accomplis, et surtout, je me sens à nouveau créatif, prêt pour affronter le monde et le modeler à ma façon.

Et ça, c’est du tout bon pour mon inspiration photographique!

Les idées arrivent toutes seules, pas besoin de réfléchir. Les éléments se dessinent, prennent forme et je vagabonde de l’un à l’autre, toujours en éprouvant la très bénéfique joie de ce que cela « pourrait être » si…

Mais…

Je suis convaincu que certains qui me lisent sont comme moi, à différents degrés : après quelques instants, quelques petits instants seulement, les choses s’embrouillent.

3. Et du rêve renaissent les doutes.

Du rêve renaissent les doutes

Aussi vite que s’étaient présentées les idées qui m’engouaient, arrivent les doutes.
Et leur flux est aussi puissant que celui qui les précédait. Et très curieusement, leur nombre va croissant en l’espace d’un instant !

Avec du recul et de l’analyse, et pour autant que je puisse les classifier, je les placerais volontiers dans trois grandes familles que je vois également s’appliquer à vous… et sur lesquelles je vais me concentrer :

  • la peur de l’inconnu
  • la remise en question de votre valeur
  • l’ignorance du point par où commencer.

a) La peur de l’inconnu

La vie s’arrête lorsque la peur de l’inconnu est plus forte que l’élan.

Hafid Aggoune – Quelle nuit sommes-nous ?

L’inconnu est une notion abstraite dont, pourtant, la puissance sur l’humain est phénoménale.

Imaginez cela : Vous voulez faire une chose, vous l’avez rêvé. Mais parce que vous ne savez pas où cela vous mènera exactement, ou par quel chemin vous y arriverez, naissent en vous des peurs quasi irrationnelles mais pourtant réelles qui sont susceptibles de vous faire renoncer.

Quel pouvoir n’est-ce pas ?

La question typique qui génère cette peur est liée à notre capacité parfois géniale, parfois restrictive, d’anticipation :

  • que se passera-t-il quand… , ou
  • que se passera-t-il si

Les « quand » et les « si »  représentent tous les moments que vous anticipez et pour lesquels vous n’entrevoyez pas une suite possible parce que les éléments dont vous disposez aujourd’hui ne suffisent pas pour vous éclairer suffisamment dans cette projection temporelle .

Et au lieu de vous dire : « je trouverai la réponse le moment venu », vous optez pour : « l’absence de réponse représente un risque que je ne vais pas prendre car ne pas savoir m’insécurise« .

L’insécurité nait parce que vous êtes au centre de la réflexion. C’est un réflexe naturel.
Lorsque vous n’êtes pas au centre de la réflexion, les choses se passent beaucoup mieux et vous serez même très enclin à expérimenter l’inconnu.

Un exemple très simple : lorsque vous décidez de vous rendre au cinéma, vous ne voulez pas savoir d’avance de quoi l’histoire sera faite. Vous y allez quand même car vous voulez expérimenter quelque chose (une émotion, des rires, de la peur, de la distraction) et vous savez (au fond de vous) que si danger il y a, il restera contenu sur la surface de l’écran.

Pour pallier à ce type de peur (et ce n’est pas forcément facile parce que, je le rappelle, on touche souvent à l’irrationnel et son origine est bien souvent cachée loin en nous) je vous propose simplement une approche très simple :

Prendre conscience du phénomène.

En quoi cela va-t-il vous aider ?

Il s’agit d’un acte délibéré, nouveau, que vous faites à un moment où vous êtes en dehors de cette peur, et pendant lequel vous posez un regard neutre sur vous-même, en conscience.

… par exemple exactement maintenant !

Imaginons que quelqu’un vienne vous voir et vous raconte son idée, son grand rêve.

Un moment, dans son récit, il en viendra à vous raconter pourquoi il ne le réalisera pas pour toutes sortes de raisons. Votre réaction sera probablement de l’encourager et de tenter de lever les différents obstacles.

Quand vous faites cet arrêt sur image pour vous-même, il faut vous raconter votre histoire comme si il s’agissait de celle d’un autre. De cette manière, vous pourrez plus facilement relever le côté irrationnel de certains de vos propres arguments et vous rassurer vous-même sur ces points.

C’est ce que j’appelle : semer des graines de conscience (je fais cela très souvent).

Cette prise de conscience (et répétez-la aussi souvent que possible) va installer en vous une forme de « déjà vu » qui rendra la situation plus familière lorsqu’elle se présentera sans que vous l’ayez sollicitée.

Cette nouvelle familiarité ainsi créée diminuera considérablement le « choc » des émotions qui naissent lorsque la peur s’installe.

b) La remise en question de votre valeur

Nous passons chaque jour et chaque nuit à nous perdre et toute notre vie à nous chercher.

Hafid Aggoune – Quelle nuit sommes-nous ?

J’ai touché ce sujet lorsque j’ai posé la question de savoir si être un photographe talentueux était un don ou résultait d’un travail de fond.

Si les questions qui émergent quand vous envisagez le futur sont plutôt de l’ordre de « que se passera-t-il », celles qui concernent  la remise en question de votre valeur sont plutôt:

  • de quoi aurai-je l’air quand… , ou
  • de quoi aurai-je l’air si …

Dans ces scénarios, vous envisagez des futurs possibles (vous êtes donc déjà plus loin, certaines graines ont éclos) et vous vous positionnez dedans en envisageant, le plus souvent, l’échec !

La peur qui s’installe alors est celle que vous projetez dans la valeur que vous accordez à la manière dont les autres vous voient.

Je ne connais qu’un seul moyen efficace de se sortir de cette « emprise ».

Vous devez accepter d’être imparfait. En embrassant vos défauts, vous embrasserez aussi vos qualités.

Notez bien qu’il y a une vraie différence entre se le dire… et vraiment l’accepter !

Embrasser vos qualités revient à poser un acte fort. Cela consolidera la personne que vous êtes et vous vous sentirez moins fragile, plus sur de vous et de vos capacités à soutenir vos élans.

c) L’ignorance du point par où commencer

Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le !

Goethe

Les situations inconnues sont moins perturbantes, votre confiance en vous grandit. Parfait !

Il reste un dernier point sur lequel travailler : définir un commencement.

Avoir un grand rêve, c’est en quelque sorte avoir la vision de l’existence de [placez votre grand rêve ici] et ressentir ce que [placez votre grand rêve ici] vous procure comme émotion.

Dans la foulée de cette vision et de ce ressenti, naissant aussi une série de projets, d’actions et de moyens qu’il va falloir organiser.

Lorsqu’ils se présentent, notez-les pour y revenir. Parmi eux se trouve le point par où commencer, ou tout au moins, les éléments qui vont vous permettre de le définir.

4. Et des doutes naissent les plans.

Des doutes naissent les plans

Avoir des doutes, c’est finalement assez normal je pense, et nous avons abordé des solutions possibles que vous pouvez mettre en oeuvre dans l’immédiat.

Il reste ce point à traiter : construire un plan.

La vision finale de votre grand rêve vous paraîtra probablement… intangible, trop éloignée de ce que qui existe aujourd’hui.

Imaginez que votre rêve, c’est un flamme. Le plan, ce sont les étapes et les moyens, répartis sur le temps, pour construire votre briquet !

Il est bien plus facile d’imaginer construire un briquet qu’une flamme, n’est-ce pas ?

Il faut bien sur que vous définissiez votre « briquet ». Ensuite, les différents éléments vont s’imbriquer de manière logique. Vous n’allez pas d’abord mettre le gaz, nous sommes bien d’accord. De fil en aiguille, votre plan prendra forme.

Deux choses importantes :

  • votre plan n’a pas besoin d’être parfait. Il changera avec le temps, c’est certain
  • vous devez mettre une date derrière ne fut-ce que la première étape et vous y accrocher

5. Et des plans naissent le rêve.

Bateau issu d'un rêve ?

 

Si vous pouvez le rêver, vous pouvez le faire.

Walt Disney

Pour aller plus loin

Je vous invite à visionner cette video.

Il s’agit d’Anja Linder. Elle nous raconte un évènement tragique qui a bouleversé sa vie.

Plus important, elle nous raconte comment elle a créé un nouveau contexte qui lui permet de continuer à vivre la vie de son grand rêve.

Quand vous aurez écouté son histoire, profitez des 4 dernières minutes en musique pour vous remémorer votre grand rêve et goûter simplement à la puissance du bien-être que vous ressentirez à l’idée de le voir se réaliser.

Ensuite, et si vous en avez envie, racontez-moi votre grand rêve, racontez-moi vos doutes, racontez-moi ce que vous mettez (ou allez mettre) en place pour le réaliser, ou, plus simplement, donnez-moi votre avis…

 

32 réflexions sur “Un grand rêve requiert de rester un grand rêveur”

  1. Bonjour Eric,
    Article introspectif et philosophique où chacun d’entre-nous se reconnaîtra probablement quelque part, sur un ton très juste. Cela change des autres articles (sans rien enlever à leur qualité !).
    Le publier un dimanche matin quand tout est calme plutôt qu’après une journée de travail est une excellente idée, cela permet de mieux s’approprier certains passages dans lesquels on se reconnaît.
    Et la vidéo de Anja Linder nous laisse sans voix.
    Bonne journée à toi ainsi qu’à ta famille qui participe tant, comme tu l’as souligné plusieurs fois, à la réalisation de tes rêves.

    1. Eric Heymans

      Bonjour Ben et Sam
      (re)Bienvenue !
      Merci pour ton (vos) commentaires.
      En effet, je me suis dit que le dimanche matin était probablement l’idéal pour ceux qui liraient l’article immédiatement.
      Belle journée.

  2. Émouvant et magnifique !

    Ce sont souvent les choses les plus dures, les plus antinomiques de ce qui fait qu’on est soi, qui nous poussent encore plus en avant.
    Que serait devenue cette artiste si elle n’avait pas eu ce malheureux accident ? On ne sait pas, mais ce qui est sûr c’est qu’elle n’aurait pas marqué son temps en améliorant son instrument…

    En spectateurs nous ne pouvons voir que les choses hors du commun, mais tout le monde se construit et beaucoup ont dû se reconstruire, après ce que tout le considère comme un aléa de la vie, tant que çà touche les autres…

    Un but fait vivre et espérer, le perdre et c’est la traversée du désert.

    1. Eric Heymans

      Bonjour Gilles,
      J’ai choisi cette video pour les raisons dont tu parles.
      Elle montre que croire en son rêve, et rester motivé à le réaliser, permet très souvent… de l’atteindre.
      Une belle leçon pour nous tous.
      Belle journée.

  3. Bonsoir, il est rare qu’un blog photo comme le votre parle de ses rêves, de ces espoirs, et bien sur ses peurs, nous avons tous des rêves et des projets nuls doutes, mais comme vous disiez il faut un « plan », et là on attaque la falaise! Vos mots sont justes, et me touchent là ou il faut, et me font commencer à réfléchir. De la réflexion naitront peut-être un rêve, le mien serait de montrer le Monde en images, montrer qu’il est fragile et surtout les habitants de ce Monde mériteraient plus d’écoutes. Un grand bravo pour ce billet et cette réflexion qui sont à savourés.

    1. Eric Heymans

      Bonjour Jean-Pierre,
      Il est en effet rare de trouver ce genre de contenu sur ce type de blog.
      Je suis profondément attaché à l’humain et derrière chaque photo montrée, il y a un humain qui pousse sur le déclencheur.
      Lorsque je regarde mon propre parcours photo, je me rends compte que « qui je suis » influence « ce que je produis ».
      Il me paraît dès lors important d’aborder « qui je suis » tout autant que la manière « dont je produis ».
      C’est un aspect plus difficile à traiter car plus intime, plus personnel.
      Autant il est « facile » de parler de la technique, autant il est délicat d’aborder les questions qui touchent au photographe en lui-même, car il s’agit d’une personne et non… de matériel !
      J’ai beaucoup hésité à publier ce genre d’article. Et finalement j’ai décidé de le faire parce ce que c’est « ce que je suis » aussi …
      Belle journée .

  4. Merci pour ce texte .Il va peut être me permettre de trouver une inspiration car en ce moment je suis dans le creux de la vague .J’aimais sortir tôt le matin seule .Autour de moi on me décourage Je pense qu cela n’est qu’un pretexte.Ton article va me secouer.Merci encore
    Amicalement
    Geneviève

    1. Eric Heymans

      Bonjour Geneviève.
      Le matin, tôt, est une excellente période pour la photographie.
      La lumière est particulière, plus rare.
      Décourager est plus facile qu’encourager.
      De mon côté, je ne peux que t’encourager.
      Belle journée !

  5. C’est vrai que déjà vous lire, ça fait du bien, et que l’on trouve toujours un prétexte à repousser à plus tard… ce qui nous pousserait tout de suite; vous posez les vrais questions et la fin est magnifique.Comme quoi il ne fait jamais rien lâcher !
    Je vous suis mais visiblement j’ai manqué pas mal d’épisodes en 2014.
    J’ai été d’autant plus sensible envers la harpiste, que ma fille l’est aussi au niveau professionnel et qu’elle non plus n’a jamais rien lâché!!
    Bravo pour cette « séance de motivation » qui nous manque parfois ainsi que le rêve. Je pense que je vais presser le déclencheur différemment maintenant
    Amicalement.

    1. Eric Heymans

      Bonjour René,

      Je suis heureux de pouvoir vous « motiver » au travers de cet article (je ne sais finalement jamais à l’avance quel impact ce que j’écris aura sur les lecteurs) et je vous remercie de ce retour d’information qui me motive (à mon tour) à en écrire d’autres.

      Belle journée !

  6. oh oui l’humain, ses rêves, ses peurs et ses hardiesses c’est bien!
    et au fond, la seule chose qui compte…merci du partage
    ici par hasard, je reviendrai souvent!

  7. Au delà du témoignage émouvant de cette jeune et talentueuse artiste, se pose l’éternelle question de la volonté. Volonté de se laisser bercer par les événements qui sont autant d’excuses pour ne pas avancer dans un projet (photographique pour nous ici) ou volonté de surmonter les barrières en ne regardant que le côté positif des choses.
    Bien entendu, un projet photographique, amateur en ce qui me concerne, n’a rien à voir comparé aux épreuves que notre jeune harpiste a du traverser, mais tout de même, il y a beaucoup à méditer et à apprendre de son témoignage.
    Merci pour pour cet excellent article, pour la vidéo et les quelques minutes de musique en prime.

    1. Eric Heymans

      Bonjour Philippe.
      Avancer, créer, agir… autant d’actions qui découlent d’un choix à répéter au quotidien.
      Merci pour votre commentaire.
      Belle journée.

  8. Bonjour Eric,

    De retour d’un voyage à Punta Cana, frustré d’avoir vu des paysages magnifiques et de n’avoir pu les mettre en images, de ne pouvoir les partager, je n’avais las-bas que pour seul appareils photo, mon Ipad et mon cellulaire… Je me suis, encore une fois, remis en question…

    Depuis longtemps je rêve de mettre en image ma vision de la nature, des gens et du monde qui nous entoures. Il y a quelques années je me suis procuré un appareil photo numérique dans le but d’en faire un passe-temps, jamais je n’ai réussi a en tiré satisfaction. Je suis forcé d’admettre, que je n’y ai pas mis, les efforts, le temps et l’énergie pour développer cette passion.

    En quêtes d’informations et de formation, je suis tombé par hasard sur ton blog ! Ouff, j’ai lu et relue ce billet, je me rends compte que j’avais cessé de rêver, que les craintes, les remises en question, la peur de l’inconnu et l’ignorance mon fait baisser, un jour, les bras…

    Grâce à toi, mes rêves reprennent vie ! La vie est bien faite, je ne sait pas ce qu’elle me réserve, mais tu m’as convaincu! Un grand rêve requiert de rester un grand rêveur !!!!!

    1. Eric Heymans

      Bonjour Mario,

      Nous avons dans nos journées mille occasions de nous laisser distraire de nos rêves par toute une série de contraintes auxquelles nous apportons plus d’attention qu’elles ne le méritent.
      Regarder les choses qui nous émerveillent et… s’en souvenir, demande un effort quotidien.
      La bonne nouvelle est que cet effort devient naturel.. très vite.

      Je suis content pour toi que cet article t’ai redonné accès à tes rêves et je te remercie d’avoir eu la gentillesse d’écrire ton ressenti.
      Ce n’est pas toujours facile.

      Puisses-tu rêver longtemps et souvent !

      Eric

  9. Je suis simplement un photographe amateur mais quand je regarde ma production photo je constate deux choses : l’absence récurante de sujets humains et la très forte retouche que je fais à chaque image. J’en ai fait un peu ma « marque de fabrique », mon signe distinctif…mais en fait il s’agit bien d’autre chose de plus profond qu’un simple choix esthétique ou thématique.
    Comment je l’explique ?
    Pour le côté inconditionnel de la retouche je le comprends comme une envie de maîtrise absolue de l’image pour adapter la réalité à celle dont je rêve. Ceci découle très certainement de mon enfance où des événements dramatiques et difficilement vécus ont marqué l’enfant que j’étais, un désir d’echaper à la réalité ou de la maîtriser totalement.
    Pour l’absence de sujet humain c’est ma faible foi en l’être humain que j’invoque, son insignifiance temporelle et spatiale au niveau de l’individu, pas de sa création ( et encore que…).
    C’est un message psychanalytique finalement que j’écris ici, tout cela pour dire que je partage vos idées sur le rêve et la motivation (l’allant) de chacun et vous dire que votre billet m’a encore fait plus reflechir sur mon « cas ».
    Merci à vous !

    1. Eric Heymans

      Bonjour Michel.

      Wow….
      Ce n’est pas le genre de commentaire que l’on peut voir souvent, et encore moins sur un blog photo.
      Ceci dit, je suis content que cet article déclenche des réflexions, quelles qu’elles soient.

      Merci pour votre témoignage qui démontre combien ce que nous vivons influe sur notre perception du monde et sur la manière dont nous la ‘rendons » dans nos images.

      Belle journée !

  10. Un article plein de bon sens et rempli d’empathie, j’adhère totalement, c’est extrememnt interessant, comme toute activité artistique la photo ne peut pas être dissociée des emotions, sentiments et de l’envie de transmettre quelque chose, de communiquer une part de soi. Bravo. Je termine en precisant que les intervenants au Tedx Paris sont quasiment toujours geniaux, c’est une mine d’or indépendamment de la photographie.

    1. Eric Heymans

      Bonjour Eric.
      Merci pour votre commentaire.
      Je suis un grand fan de TED, en français ou en anglais ….
      Cette brochette d’intervenants de tous horizons brasse beaucoup d’informations très intéressantes et propose de réfléchir sur bien des questions.
      Bonne journée !

  11. Un sujet si rarement abordé et pourtant tellement important que je me devais de le recommander. La motivation et l’engagement personnel sont les axiomes qui sous-tendent une bonne créativité. Selon moi, sans ces deux axes de travail la photo reste à la surface des choses et ne bascule pas dans l’infiniment plus. Merci d’avoir abordé le problème, c’était courageux.
    Cependant quel travail…

    1. Eric Heymans

      Bonjour Miltat,

      En effet : quel travail!
      Rester motivé, s’interroger, maintenir sa curiosité toujours présente, écoutez ses rêves.. et les mettre en oeuvre sont autant de choses qui demandent un réel effort.. souvent récompensé.

      Belle journée !

  12. Vos conseils techniques sont super, mais vos conseils humains le sont encore plus. Vous allez bien plus loin que beaucoup d’autres sites photos.
    Merci

    1. Eric Heymans

      Merci Sebastien.
      Je ne suis pas toujours certain que les gens apprécient cette partie là.
      Ce genre de retour d’information me fait bien plaisir et m’encourage à continuer.
      A bientôt !

  13. Que d’émotions lorsqu’on termine cet article par la vidéo ! Pour moi, le hasard n’existe pas, tous les événements qui se mettent sur mon chemin concourent à la réalisation de mon chemin de vie. Mon rêve de photo ne savait pas comment se matérialiser et à la lecture de ces quelques lignes, vous avez tracé ma ligne de départ et je vous en remercie très profondément.
    J’ai découvert votre blog depuis seulement une semaine et cet article que je viens de lire n’est pas le fruit du hasard.
    Merci de nous faire partager votre passion, vos doutes, vos émotions … cela nous aide en tous points de vue.

    1. Eric Heymans

      Bonjour Alice.
      Merci pour votre témoignage.
      L’humain derrière l’objectif m’intéresse beaucoup… 🙂
      Belle journée !

  14. Merci infiniment pour cet article qui ne peut laisser indifférent, où celui qui porte des rêves en lui et manque terriblement de confiance pour les réaliser, trouve à travers vos paroles et le témoignage émouvant de cette merveilleuse musicienne, un écho, une force, une main tendue. ‘Devenir ce que l’on est (nait) ‘ : un chemin de vie pour s’épanouir et transmettre… La photo m’apporte beaucoup de joie et je souhaite de même à tous. Une percée dans les nuages, le soleil entre les branches, le coeur lumineux d’une fleur me touchent comme si je captais un instant le ‘langage du monde’. Merci pour vos articles.

    1. Eric Heymans

      Bonjour Isa.
      C’est avec grand plaisir.
      Merci pour vos mots qui correspondent bien à l’esprit de cet article.

  15. Salut Eric,
    je me sens tout petit… J’ai aussi des rêves. Pas seulement en photographie. Je rêve d’un monde meilleur, sans violence. D’un monde où ma fille pourrait évoluer, grandir sans souffrir. D’un monde où maman ne terminera pas sa vie dans un fauteuil roulant, où papa gagnera son combat de 20 ans déjà contre la leucémie. Je rêve… Pour en revenir à la photographie, je prends conscience que le manque de temps n’est pas une excuse valable. J’ai des idées, des rêves… celui de rencontrer les gens de la rue et celui d’exposer un jour. J’éprouve des difficultés pour m’y mettre. Te lire et écrire ces quelques lignes me fait du bien.
    Bonne journée à toi.

    1. Eric Heymans

      Bonjour Dom,
      Entre toi et ton rêve, il y a juste toi.
      Cela veut dire que cela dépend de toi… uniquement.
      Le principal outil pour démarrer, c’est « faire ». Tous les jours, un peu 🙂
      Merci pour ton partage.
      Eric

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Restez Informé !

Faites comme + de 6.000 photographes passionnés qui reçoivent mes articles dans leur boite de messagerie.

Je ne partagerai jamais vos données avec des tiers et, moi aussi, je déteste le spam.